
"CONDUIRE OU TELEPHONER IL FAUT CHOISIR"
Déconcentration, surcharge mentale, rétrécissement du champ de vision, augmentation du temps de réaction, même avec un"mains-libres", le coup de fil au volant n'est pas anodin.
Le téléphone portable est devenu en très peu de temps un objet incontournable, qui fait partie intégrante de la vie quotidienne. 40% des possesseurs de mobiles déclarent qu'il leur arrive de téléphoner en conduisant, principalement les moins de 35 ans (47 %) et les cadres supérieurs ( 53%).
Parce que trop souvent la conduite dans le cadre du travail est assimilée à une perte de temps, il est souvent tentant de profiter de cette "inoccupation" pour organiser sa journée avec sa secrétaire, répondre aux demandes de ses clients, de ses collaborateurs… Face aux risques encourus par les usagers de la route lors de la conduite en téléphonant, les utilisateurs doivent apprendre à maîtriser cet équipement : connaître ses dangers et les solutions pour y remédier.
Les dangers de téléphoner en conduisant
La déconcentration
Beaucoup de gens (30% en ville, 50% sur autoroute) décrochent leur portable dans les deux secondes après la première sonnerie "toutes affaires cessantes", comme s'il était plus important de répondre que d'observer la circulation en attendant qu'elle le permette.
Composer un numéro en roulant, même si on le connaît par cœur et que l'on n'a pas à le chercher dans un agenda enfoui dans un sac, cela représente quand même 12 secondes sans se concentrer sur la route. A 100 km/h, cela représente 363 mètres d’inattention!
La surcharge mentale et l'augmentation du temps de réaction :
Plusieurs études montrent que téléphoner en conduisant, surtout si la conversation est "captivante", est une double activité qui dépasse la charge mentale d'un individu normalement constitué.
"Tout se passe comme si la route devenait un écran sur lequel se mêlent une image réduite de la scène routière, le visage du correspondant et l'objet de la conversation. Tant que la scène routière ne change pas, elle reste au second plan. Lorsqu'une modification intervient il y a basculement des images, parfois un bref coup d'œil dans le rétroviseur avec ajustement de la trajectoire et /ou de l'allure. Quel que soit l'âge du sujet ou son habitude d'utiliser un portable, l'accroissement de la charge mentale, le regard focalisé droit devant et la réduction du champ visuel aboutissent, en situation d'urgence, à une augmentation de 50% du temps de réaction!" (source INRETS, Institut National de Recherche et Etudes sur les Transports et leur Sécurité).
La fixité du regard
La concentration téléphonique amène une réduction de la mobilité du regard de 18% en ville et de 26% sur autoroute. Ce qui induit aussi une diminution de la cadence de surveillance et surtout des erreurs de jugement quant à la taille des obstacles ou des passages.
Lien entre accidents et le fait de téléphoner
Une étude américaine (1995) montre que la fréquence de survenue d'accident est 5,6 fois supérieure pour les gens qui téléphonent plus de cinquante heures par mois en conduisant.
Une autre étude canadienne, affirme que la probabilité de collision est effectivement multiplié par 4 durant un appel téléphonique, voire même par 6 durant les cinq premières minutes de la conversation.
Selon une récente étude INRETS , 42 % des accidents dus à l'utilisation du portable ont lieu en décrochant, 31 % en composant le numéro et 16 % pendant la communication. Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes...
Les Kits mains – libres
Une autre récente étude de l'INRETS établit sur la base de ses propres expérimentations et sur une compilation de nombreuses études extérieures que, à certains égards, il est tout aussi dangereux de téléphoner avec un mains-libres qu'avec un portable classique. Notamment parce que le fait de téléphoner capte une bonne part de l'attention, quel que soit le système utilisé. part évidemment retirée au potentiel de concentration que requiert la conduite automobile. Certains spécialistes estiment que cette double occupation (téléphoner et conduire) dépasse la charge mentale acceptée par un esprit normalement constitué.
C’est pour cette raison que la plupart des pays d’Europe interdisent de téléphoner en voiture, mains-libres ou pas, à l’exception de la France et de la Belgique, qui n’ont pas encore de législation dans ce domaine.
Quelle différence y a-t-il entre soutenir une conversation au téléphone ou avec un de ses passagers?
Le passager partage avec le conducteur les problèmes de circulation, il accepte donc que ce dernier s'arrête de parler, il regarde également la circulation et peut attirer l'attention de celui-ci en cas de danger. Au contraire, au bout du fil, le correspondant ne comprend pas et ponctue alors son appel de: "Allô! On a été coupé?". Ce qui ne fait évidemment rien pour améliorer la concentration du conducteur... "
Combien ça coûte ?
Téléphoner en conduisant est sanctionné d'une amende de 35 € maximum et d'un retrait de 2 points du permis de conduire. Depuis le 31 mars 2003 un texte spécifique existe sur le téléphone portable, art. R 412-6-1 du code de la route sur l'usage du téléphone tenu en mains.
Actuellement seule l'utilisation d'un téléphone portable à la main à bord d'un véhicule en circulation est sanctionnée par les forces de l'ordre, le “mains- libres “ est toléré pour autant que son utilisation ne mette pas la circulation en danger. Mais dans tous les cas, après un accident corporel de la circulation, les services de l'ordre saisissent l'opérateur de téléphonie mobile pour savoir si les conducteurs impliqués étaient en conversation téléphonique au moment de l'accident. C'est un élément à charge contre le conducteur.
Pour un employeur, interdire aux salariés de téléphoner en conduisant et mettre à disposition un "mains-libres" constitue une injonction contradictoire!